Vous pensiez bien faire. Votre plante était à l’étroit, vous lui avez offert un nouveau pot tout neuf, du terreau frais, et pourtant… quelques jours plus tard, c’est la catastrophe. Les feuilles pendent lamentablement, jaunissent ou tombent. La plante semble éteinte. Ce phénomène, très courant, s’appelle le choc de transplantation. Voir une plante qui meurt après rempotage n’est pas une fatalité, c’est souvent la réaction physiologique à un stress racinaire violent. Il est encore possible de la sauver si vous réagissez immédiatement en arrêtant les erreurs (souvent l’excès d’eau ou d’engrais) qui aggravent son état.
Les infos à retenir
- 🤕 Le diagnostic : Le système racinaire a été endommagé. Les poils absorbants (invisibles à l’œil nu) ont été arrachés. La plante ne peut plus boire, même si la terre est humide. Elle se déshydrate.
- 🚫 L’erreur fatale : L’engrais. Ne donnez JAMAIS d’engrais à une plante qui vient d’être rempotée. Ses racines sont « à vif », l’engrais va les brûler chimiquement et achever la plante.
- 💧 L’arrosage : Il faut maintenir le terreau humide mais pas détrempé. Trop d’eau asphyxie les racines blessées qui ont besoin d’oxygène pour cicatriser.
- 🚑 La « Tente de survie » : Pour aider la plante, il faut réduire son évaporation. Mettez-la à l’ombre et augmentez l’humidité ambiante.
Pourquoi le rempotage a-t-il traumatisé votre plante ?
Rempoter n’est pas anodin. C’est une opération chirurgicale pour le végétal. Lorsque vous sortez la motte, grattez la vieille terre ou démêlez les racines, vous détruisez inévitablement une partie des radicelles et des poils absorbants. Or, ce sont eux qui pompent l’eau. Les grosses racines ne servent qu’à l’ancrage et au transport. Résultat : la plante a toujours autant de feuilles (qui transpirent de l’eau), mais elle a moins de « pompes » pour puiser l’eau dans le sol. Le bilan hydrique devient négatif, la pression interne chute, et la plante devient toute molle (flétrissement). Pour en savoir plus sur comment faire repartir un papyrus, suivez les conseils adaptés.
Les erreurs aggravantes
- Pot trop grand : Si le nouveau pot est immense par rapport à l’ancien, la terre mettra trop de temps à sécher. Les racines vont pourrir dans cette humidité stagnante (« Root Rot »).
- Tassement excessif : Si vous avez appuyé comme un bourrin sur le terreau, vous avez chassé l’air. Les racines étouffent.
- Changement d’exposition : Si en plus de la changer de pot, vous l’avez changée de place (plus de soleil, courants d’air), c’est un double stress ingérable pour elle.
Le plan de sauvetage en 4 étapes
Si votre plante fait grise mine après l’opération, activez le mode « Soins Intensifs ».
1. Arrêtez tout (surtout l’engrais)
Laissez-la tranquille. Pas d’engrais, pas de stimulant, pas de rempotage « pour voir ». Le terreau neuf contient déjà des nutriments pour 3 mois. Ajouter de l’engrais maintenant serait comme donner un steak-frites à quelqu’un qui sort d’une opération de l’estomac.
2. La mise à l’ombre
La plante ne peut plus pomper assez d’eau pour compenser sa transpiration au soleil. Déplacez-la immédiatement dans un endroit lumineux mais sans soleil direct, et à l’abri des courants d’air. Moins elle chauffe, moins elle transpire, plus elle économise ses forces pour refaire des racines. Pour éviter que ses feuilles ne jaunissent, il est crucial de suivre ces conseils.

3. L’effet de serre (L’étouffée)
Si la plante est très mal (feuilles très molles), créez une mini-serre.
Placez un sac plastique transparent sur le feuillage (sans qu’il touche trop les feuilles, utilisez des tuteurs). Cela va saturer l’air en humidité autour des feuilles. La plante pourra s’hydrater par les feuilles et arrêtera de perdre de l’eau. Aérez 1h par jour pour éviter la moisissure. C’est souvent miraculeux.
4. La taille de survie (Le dernier recours)
Si le système racinaire a été très abîmé (par exemple si vous avez dû couper des racines pourries), il faut rétablir l’équilibre.
Moins de racines = besoin de moins de feuilles.
Coupez un tiers du feuillage (les feuilles les plus vieilles ou les plus abîmées). Cela réduit la demande en eau et soulage les racines restantes.
Le conseil du botaniste
« La prochaine fois, arrosez la plante la veille du rempotage. Les racines gorgées d’eau sont plus souples et cassent moins. Et surtout, ne touchez pas à la motte si ce n’est pas nécessaire ! Le ‘surfaçage’ (enlever juste le dessus de la terre) ou le ‘transpotage’ (mettre la motte telle quelle dans un pot plus grand avec du terreau autour) sont bien moins traumatisants que le rempotage à racines nues. »
Patience, ça repousse
Une plante en état de choc peut mettre 3 à 4 semaines à redresser la tête. Tant que les tiges restent vertes, il y a de l’espoir. N’arrosez que quand la terre est sèche en surface, et attendez les premiers signes de nouvelle croissance (petite feuille verte claire) pour crier victoire.
Foire Aux Questions (FAQ)
🍂 Faut-il couper les feuilles jaunes ?
Oui. Une feuille jaune ne redeviendra jamais verte. Elle ne sert plus à rien et la plante gaspille de l’énergie à essayer de la maintenir ou à la larguer. Coupez-la proprement pour que la plante se concentre sur le reste.
🚿 Comment savoir si j’ai trop arrosé ?
Si les feuilles sont molles ET jaunes/brunes, et que la terre sent le moisi ou le champignon, c’est un excès d’eau (pourriture). Il faut laisser sécher la motte d’urgence, voire changer le terreau s’il est détrempé (boue).
🏺 Pot en terre ou plastique ?
Après un rempotage difficile, le pot en terre cuite est souvent mieux car il est poreux : il laisse respirer les racines et évapore l’excès d’eau sur les côtés, ce qui réduit le risque de pourriture.







