Application d'une seconde couche de peinture laque glycéro après respect du temps de séchage.

Peinture Glycéro : y a-t-il un temps maximum entre 2 couches ?

On parle toujours du temps de séchage minimum (le fameux « sec au toucher » ou « redoublable »), mais rarement du temps maximum. Pourtant, avec la peinture glycéro (à l’huile/solvant), c’est une donnée cruciale. Contrairement à l’acrylique (à l’eau) que l’on peut recouvrir des semaines plus tard sans souci, la glycéro durcit par oxydation et finit par former une surface extrêmement dure et lisse, quasi vitrifiée. Si vous attendez trop longtemps pour appliquer la seconde couche, vous risquez un défaut d’adhérence majeur. Quel est ce temps maximum entre 2 couches de peinture glycéro et comment rattraper le coup si vous l’avez dépassé ?

Les infos à retenir

  • La fenêtre de tir idéale : Pour une glycéro standard, la deuxième couche doit être appliquée généralement entre 24h et 48h après la première. C’est le moment où la peinture est sèche mais encore chimiquement « amoureuse » (réceptive).
  • ⛸️ Le risque du « trop tard » : Passé 72 heures (3 jours), le film de peinture s’est fermé et durci (« bloqué »). La surface devient glissante comme du verre. La nouvelle couche n’accrochera pas et risque de s’écailler ou de « friser » dans le futur.
  • 📄 La solution obligatoire : Si vous avez dépassé ce délai, vous devez impérativement égrener (poncer légèrement au grain fin 240) toute la surface pour recréer une accroche mécanique avant de repeindre.
  • 🌡️ L’influence météo : S’il fait chaud et sec, le durcissement est accéléré. La fenêtre de tir se réduit.

Pourquoi la glycéro est-elle si exigeante ?

La peinture glycérophtalique ne sèche pas par simple évaporation de l’eau (coalescence) comme l’acrylique. Elle sèche par évaporation des solvants (White Spirit) puis par une réaction chimique avec l’oxygène de l’air (polymérisation).
Pendant les premières 24 à 48 heures, cette réaction est en cours. Si vous appliquez la couche n°2, les solvants de celle-ci vont légèrement « refondre » la surface de la couche n°1, créant une fusion parfaite entre les deux épaisseurs. C’est la fusion chimique.
Au-delà de ce délai, la couche n°1 est inerte. C’est une glace. La couche n°2 va se poser dessus comme un autocollant sur une vitre. Au moindre choc ou variation de température, elle pourra se décoller par plaques.

Comment gérer le planning de peinture ?

  1. Lisez le pot ! Chaque fabricant a sa formule. Regardez la mention « Recouvrable ». Si c’est écrit « 24h », essayez de peindre le lendemain. N’attendez pas le week-end suivant.
  2. L’organisation : Si vous commencez une porte le samedi matin, prévoyez de faire la deuxième couche le dimanche matin. Si vous laissez passer la semaine de travail pour finir le samedi suivant, vous sortez de la zone de sécurité.

J’ai attendu 1 semaine, que dois-je faire ?

Pas de panique, il n’est pas nécessaire de tout décaper. Mais vous ne pouvez pas peindre directement.
Vous devez réaliser un égrenage soigné.

  • Matériel : Papier de verre grain fin (220 ou 240).
  • Action : Passez le papier partout sans appuyer fort. Le but n’est pas d’enlever la peinture, mais de la rayer, de la matifier. Vous devez casser le brillant.
  • Nettoyage : Dépoussiérez soigneusement (chiffon humide ou chiffon gras).
    Une fois la surface rendue mate et rugueuse (micro-rayures), la seconde couche pourra s’agripper mécaniquement dans ces rayures. C’est plus long, mais c’est la seule garantie de tenue.

Attention au phénomène de « Frisage »

Il y a aussi un risque si vous peignez trop tôt (avant les 24h recommandées).
Si la couche du dessous n’est pas assez dure et contient encore trop de solvants, l’application de la nouvelle couche va détremper la première. La peinture va se plisser comme une vieille peau d’orange. C’est le frisage. C’est irrécupérable sans ponçage total.
Avec la glycéro, il ne faut être ni trop pressé, ni trop lent. Le timing est la clé.

L’avis du peintre en bâtiment

« La glycéro est de plus en plus rare (COV), remplacée par les alkydes en phase aqueuse (mixtes). Mais le principe reste le même pour les laques brillantes : si vous attendez trop, ça glisse. Mon truc pour savoir si je dois poncer ? Je passe l’ongle. Si ça crisse comme sur un tableau noir, c’est trop dur : je ponce. Si l’ongle marque un tout petit peu, c’est encore bon pour recouvrir direct. »


Respectez le chrono

La peinture glycéro offre un tendu et une solidité magnifiques, mais elle se mérite. Pour éviter la corvée de ponçage entre deux couches, planifiez vos chantiers pour enchaîner les couches jour après jour.


Foire Aux Questions (FAQ)

👃 L’odeur persiste-t-elle plus longtemps ?

Oui, l’odeur de solvant est forte pendant le séchage et la polymérisation. Aérez la pièce mais évitez les courants d’air directs sur la peinture fraîche (poussière). L’odeur peut rester 1 à 2 semaines.

🖌️ Rouleau ou pinceau ?

Pour la laque glycéro, un rouleau laqueur (poils ras ou mousse haute densité) est idéal pour les grandes surfaces planes. Utilisez une brosse à rechampir pour les angles. La glycéro « tire » bien (s’autolisse), ne la travaillez pas trop longtemps sinon vous laisserez des traces de reprise.

💧 Peut-on diluer la 2ème couche ?

Généralement non, sauf si la peinture est très épaisse. La première couche peut être diluée à 5-10% de White Spirit pour imprégner, mais la seconde couche doit être passée pure pour avoir le brillant et la protection maximale.

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